La semaine gratuite de « comme j’aime » condamnée

Source : Le Parisien.


Personne n’a vraiment pu éviter la publicité du programme minceur comme j’aime, matraquée dans les médias depuis plusieurs années. La promesse d’une semaine gratuite de cure (mini 89 €). Mais assortie de conditions communiquées avec une grande discrétion. En fait, il s’agit d’une semaine offerte pour la commande de 4 semaines de programme, avec la possibilité de se faire rembourser en cas d’insatisfaction, mais avec la port à la charge de l’acheteur. Ces conditions sont visibles dans une fenêtre s’ouvrant en cliquant sur le bandeau « offre spéciale ».
Cette offre permanente est combinée avec une prime, une balance connectée d’une valeur de 59 € pour une commande de 2 mois ou plus.

Comme j'aime, une semaine gratuite

Suite à une plainte de l’Association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV), le tribunal de Grande Instance de Paris a rendu mardi 8 octobre une ordonnance de référé a condamné cette pratique.

« La première semaine ne peut être considérée comme gratuite au sens de l’article L 121-4 du Code de la consommation puisque le consommateur doit payer à la souscription trois semaines de programme, outre les frais de port s’il ne souhaite pas le poursuivre tout en demandant le remboursement des sommes qu’il a initialement versées »
« Cette première semaine de gratuité doit à l’évidence être considérée comme une pratique commerciale trompeuse »,
Comme j’aime a donc été condamnée « à supprimer dans l’ensemble de ses supports publicitaires (presse, télévision, internet), y compris les témoignages, la mention d’une semaine gratuite et plus généralement toute référence à une semaine gratuite, ce sous astreinte provisoire de 500 € par infraction constatée ».

L’entreprise dispose d’un mois pour remédier à la situation, mais doit également verser 10 000 euros au titre de « l’atteinte portée à l’intérêt collectif des consommateurs ».

> Décryptage promotion

Cette pratique commerciale est sans contestation déloyale. Il est d’ailleurs singulier que Comme j’aime n’ai pas été épinglé plus tôt, compte tenu de la force et de la permanence de sa campagne.
Le tribunal condamne le caractère déloyal de l’offre, mais il aurait pu aussi condamner en tant que telle l’utilisation du mot gratuit, interdit par la loi Egalim qui concerne les produits alimentaires.

Le créateur du programme a annoncé qu’il allait bien supprimer la mention de gratuité mais que cette décision ne changeait rien sur le fond de sa campagne. Mais c’est bien le principe même de l’offre qui est contestable et pas seulement sa formulation.
La CLCV, à l’origine de la plainte, avance qu’il s’agit en fait d’une offre de type « satisfait ou remboursé ».
Cette qualification nous semble contestable. D’une part la durée d’une semaine ne nous semble pas suffisante pour apprécier l’efficacité d’un tel programme. D’autre part le paiement des frais de port invalide la notion de remboursement. Une autre formulation devra donc être trouvée pour rester dans les clous. Et aussi une meilleure lisibilité des conditions (ou audibilité sur d’autres supports).

Reste une question posée par la prime constituée par la balance connectée. Une prime n’est pas gratuite puisque, par définition, elle est conditionnée par un achat. Et l’utilisation du mot gratuit pose là aussi un problème. Elle devrait donc être « offerte », avec une mention plus lisible qu’avec la simple fenêtre à ouvrir sur le site.

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